En 2024, la plateforme OnlyFans a reversé 5,8 milliards de dollars à ses créateurs dans le monde. La France n’échappe pas à ce phénomène : des dizaines de milliers d’indépendants tirent aujourd’hui des revenus réguliers de ce type d’activité. Ce que beaucoup ignorent encore, c’est que le fisc français dispose désormais d’outils pour identifier ces revenus automatiquement, et que les erreurs de déclaration se paient cash.
DAC7 : quand l’administration fiscale voit tout
Depuis 2023, la directive européenne DAC7 impose aux plateformes numériques de transmettre les revenus de leurs utilisateurs à l’administration fiscale de leur pays de résidence. OnlyFans, via sa société mère Fenix International basée au Royaume-Uni, déclare les données au fisc britannique, qui les partage automatiquement avec la Direction générale des finances publiques française. Tout revenu généré sur la plateforme est donc visible par le fisc, dès le premier euro.
Les conséquences d’une non-déclaration sont sévères : redressement pouvant remonter sur trois ans (dix ans si l’activité n’a jamais été déclarée), majorations de 40 % à 80 % selon la gravité, et poursuites pénales dans les cas les plus sérieux. Dans ce contexte, recourir à un expert-comptable onlyfans n’est plus un luxe, c’est une précaution élémentaire pour tout créateur générant des revenus réguliers.
Le sujet intéresse d’ailleurs de plus en plus les professionnels de la comptabilité : plusieurs cabinets français se sont explicitement positionnés sur cette niche entre 2025 et 2026, preuve que la demande existe et que les problématiques sont suffisamment spécifiques pour justifier une expertise dédiée.
Micro-entreprise, TVA, CFE : les erreurs qui coûtent cher
La micro-entreprise en BNC reste le statut de référence pour les créateurs en France. En 2026, le seuil de chiffre d’affaires applicable est fixé à 83 600 euros annuels. Les cotisations sociales URSSAF s’élèvent à 25,6 % du CA, auxquelles s’ajoute un abattement forfaitaire de 34 % pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Pour 1 000 euros de CA, la charge totale avoisine 280 euros, soit environ 28 %.
L’erreur la plus répandue concerne le montant à déclarer. OnlyFans prélève 20 % de commission sur chaque paiement. Beaucoup de créateurs déclarent le montant reçu après commission, alors que l’URSSAF exige la déclaration du montant brut encaissé par le fan. Sur 100 euros payés par un abonné, c’est 100 euros qui doivent être déclarés, pas 80.
Autre point souvent négligé : la TVA. Suite à un arrêt de la Cour de justice de l’UE rendu en 2023 (affaire C-695/20), OnlyFans est reconnu comme « fournisseur présumé » et prend en charge la TVA sur les abonnements. Le créateur n’a donc pas de TVA à facturer sur ses revenus OnlyFans. Ce traitement ne s’applique pas nécessairement à toutes les plateformes, notamment MYM, dont le statut TVA mérite vérification. Enfin, la Cotisation Foncière des Entreprises est souvent oubliée : exonérée la première année, elle devient exigible dès la deuxième si le CA dépasse 5 000 euros, et représente généralement entre 200 et 600 euros selon la commune.
Micro-entreprise ou société : un choix qui dépend de la trajectoire
Pour les créateurs dont les revenus dépassent les seuils ou qui souhaitent optimiser leur fiscalité, la création d’une société (SAS, SASU, EURL) devient pertinente. L’impôt sur les sociétés s’applique alors à 15 % jusqu’à 42 500 euros de bénéfice, puis à 25 % au-delà. Cette structure offre davantage de leviers, mais elle implique une gestion comptable plus rigoureuse et des coûts de fonctionnement plus élevés.
La décision entre micro-entreprise et société ne se prend pas à la légère. Elle dépend du niveau de revenu, de la situation personnelle, de la présence d’autres sources de revenus et des projets à moyen terme. C’est précisément là que l’accompagnement d’un professionnel fait la différence : non pas pour remplir une déclaration, mais pour construire une stratégie adaptée à une activité dont les revenus peuvent évoluer rapidement.
La creator economy est devenue une réalité économique à part entière. Avec 377 millions d’utilisateurs enregistrés sur OnlyFans et plus de 25 milliards de dollars reversés aux créateurs depuis 2016, il ne s’agit plus d’une tendance marginale. Les obligations fiscales, elles, sont les mêmes que pour n’importe quel indépendant français : s’y conformer dès le départ évite des complications qui peuvent rapidement devenir coûteuses.

