La sécurité privée est l’un des secteurs professionnels les plus dynamiques de France, avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 12 milliards d’euros en 2024. Pourtant, il reste l’un des moins féminisés : à peine 15 % de femmes parmi les quelque 180 000 salariés du secteur. Une réalité qui évolue, portée par des besoins opérationnels concrets et une dynamique de recrutement en pleine transformation.
Un secteur masculin qui commence à changer de visage
Sur les 178 000 salariés recensés dans la sécurité privée en France, environ 27 000 sont des femmes. C’est peu, mais la tendance s’inverse progressivement. Dans les contrats d’alternance signés depuis 2020, la part féminine atteint 31 % en professionnalisation et 37 % en apprentissage, des chiffres nettement au-dessus de la moyenne du secteur. L’âge moyen des alternants est de 25 ans, ce qui illustre l’attrait croissant de cette voie pour un nouveau profil de recrutement.
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La sûreté aéroportuaire fait figure d’exception remarquable : son taux de féminisation dépasse 46 %, soit près d’une professionnelle sur deux. Une proportion largement expliquée par une contrainte légale que toute entreprise de sécurité se doit d’intégrer dans son organisation.
Une obligation légale qui change les règles du recrutement
L’article L613-2 du Code de la sécurité intérieure impose que les palpations de sécurité soient réalisées par une personne de même sexe que celle contrôlée. Pour tout organisateur d’événement, tout gestionnaire de site recevant du public ou toute entreprise faisant appel à des agents de filtrage, cela ne laisse aucune marge : des agentes féminines doivent être présentes dans l’équipe. Contourner cette règle expose l’organisateur à des poursuites pénales.
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Au-delà du cadre juridique, les professionnels du secteur s’accordent à reconnaître que les femmes apportent des compétences comportementales précieuses. Maîtrise de soi, diplomatie, capacité à désamorcer verbalement un conflit : autant de qualités qui s’avèrent souvent plus déterminantes que la seule force physique, dans un métier où l’intervention reste encadrée par la légitime défense et l’alerte aux forces publiques. L’événementiel, les concerts, les manifestations sportives sont ainsi devenus des terrains où la présence d’agentes est à la fois obligatoire et reconnue comme un atout opérationnel.
Un levier RH pour répondre aux difficultés de recrutement
Le secteur souffre depuis plusieurs années d’une pénurie de candidats. Ouvrir plus activement les postes aux femmes est donc aussi une réponse pratique à ce défi. Certaines entreprises ont formalisé cet engagement par des accords sur l’égalité femmes-hommes, couvrant l’examen équitable des candidatures, l’égalité salariale et l’accès à la formation. Le Groupement des Entreprises de Sécurité a de son côté lancé un plan visant 20 000 alternants, avec un volet féminisation explicite.
Pour les entreprises clientes qui cherchent un prestataire de sécurité, la composition des équipes proposées devient ainsi un critère de sélection à part entière. Un prestataire capable de déployer des équipes mixtes n’est plus seulement en conformité avec la loi : il dispose d’une polyvalence réelle, utile dans des environnements variés.
La féminisation de la sécurité privée n’est plus un sujet de principe. C’est une réalité opérationnelle qui progresse, portée autant par la loi que par les besoins du terrain.

